50e anniversaire du programme de bourses du Commonwealth
Le Programme canadien des bourses du Commonwealth (PCBC) célèbre son 50e anniversaire! Depuis sa création en 1959, le gouvernement du Canada a accordé des bourses d’excellence à tous les pays membres du Commonwealth. Le PCBC veut promouvoir l’identité et les valeurs canadiennes partout dans le monde et aider à répondre aux besoins en capital humain des pays en développement.
Le Canada a exercé un rôle de premier plan dans l’établissement du Programme de bourses d'études et de perfectionnement du Commonwealth et demeure, après le Royaume-Uni, le plus important contributeur à ce programme.
Les dix premières années (1960 à 1969)
Le Canada a accueilli 955 boursiers et chercheurs dans le cadre du programme du Commonwealth et 377 Canadiens ont poursuivi des études à l’étranger
Le programme m’a permis de terminer mes études supérieures alors que je n’avais aucune autre ressource. J’ai aussi acquis les compétences nécessaires pour un poste universitaire menant à la permanence.
Professeur A.P. Lino Grima, Centre de l’environnement et de la géographie, Université de Toronto

Il m’aurait été impossible de faire des études universitaires sans l’obtention d’une bourse. Cette bourse, parce qu’elle était canadienne, m’a offert des possibilités que j’ignorais au moment de poser ma candidature, dont celle de m’installer au Canada et de pouvoir participer activement à des activités de recherche, d’enseignement et d’administration dans le milieu universitaire. Cette possibilité, je l’ai saisie avec enthousiasme et en suis très reconnaissant.
Bernard Philogène, professeur émérite, Université d’Ottawa
La deuxième décade (1970 à 1979)
Dans les années 1970, 398 Canadiens sont allés à l’étranger pour poursuivre leurs études et le Canada a accueilli 860 boursiers
Je remercie le gouvernement du Canada de m’avoir accordé une bourse. Cela nous a grandement aidés, moi et mon pays. Je demeure encore la seule personne au Bangladesh qui détient à la fois une maîtrise et un doctorat en informatique. J’en suis principalement reconnaissant au programme canadien de bourses du Commonwealth, qui m’a aidé à poursuivre des études supérieures dans le domaine de l’informatique alors qu’aucun établissement du Bangladesh n’offrait de cours dans cette discipline (la Dhaka University ne disposait même pas d’un ordinateur!).
Dr. Abul L. Haque, North South University, Dhaka, Bangladesh

Je suis une professionnelle de la danse indienne et une boursière en arts indiens (Dép. philosophie, Oxford). J’ai eu le privilège de recevoir deux bourses du Commonwealth (1972-1973) qui m’ont permis de poursuivre les aspects artistiques et théoriques de la danse indienne et d’autres arts indiens. En Inde dans les années 1970, il y avait encore des maîtres héréditaires qui enseignaient la danse dans leurs propres domiciles. Cette association intime avec les arts de l’Inde m’a permis d’obtenir deux diplômes de la Oxford University : une maîtrise en histoire de l’art indien et un doctorat en sociologie des arts de l’Inde. Comme je suis membre du Centre InterCulture Université d’Ottawa et directrice artistique de Cultural Horizons, mon travail avec les arts indiens a servi à créer d’importants outils pédagogiques interculturels et des spectacles de danse multimédias qui explorent une variété de thèmes, dont l’environnement. J’aimerais remercier le comité des bourses du Commonwealth de son généreux appui sans lequel je n’aurais pas pu poursuivre la carrière de mon choix. Grâce à cette aide, j’ai pu consacrer toute ma vie à l’Inde et à son art.
Anne-Marie Gaston (ANJALI)
La troisième décade (1980 à 1989)
Dans les années 1980, 476 boursiers canadiens sont allés étudier à l’étranger et 1 230 étudiants étrangers sont venus au Canada
Salutations de la Tanzanie. Grâce à ma bourse du Commonwealth, j’ai accompli bien des choses. J’ai apporté d’immenses modifications au million de citoyens de la Tanzanie, en particulier dans les régions rurales.
Le programme m’a éclairé non seulement sur les connaissances particulières des cours mais aussi sur la vie sociale. Ma vie personnelle s’est grandement améliorée. J’ai réussi à équilibrer ma vie. En fait, depuis l’obtention de mon diplôme de l’Université Concordia, je peux dire que mes rêves se sont réalisés. Les progrès que j’accomplis dans ma vie actuelle, je les dois à l’éducation que j’ai reçue au Canada. Merci au gouvernement du Canada et aux organisateurs.
Abel Lyimo, PDG, Rural Urban Development Initiatives (Initiatives de développement rural et urbain), Dar Es Salaam, Tanzanie

Je faisais un stage comme agent de planification dans le cadre d’un projet financé par la Banque mondiale en 1985 quand j’ai obtenu ma bourse en 1988. Le Département de l’éducation de Port Moresby m’a transmis l’offre de COSAP et de l’Université de l’Alberta le 17 septembre, m’avisant de me préparer à partir dans les 7 jours suivants. C’était là une nouvelle expérience pour moi, car je n’étais jamais sorti de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Mon conseiller pédagogique était un économiste et une personne très compréhensive. Mon projet d’études en était un de réflexion entre la théorie et l’application des politiques dans le système d’éducation de la PNG. Mon conseiller m’a organisé un programme de stagiaire avec le directeur des politiques du ministère de l’Éducation de l’Alberta. Cela m’a permis de rester en contact avec le milieu des politiques publiques et de poursuivre une analyse réflective sur mes expériences. Le directeur détenait un double doctorat de l’Université Harvard et l’Université de l’Alberta avait également étudié l’éducation dans les pays en développement. La réforme scolaire au Chili me fascinait et j’ai eu l’occasion de discuter des embûches de cette réforme et de comparer les différentes pratiques du Canada, de l’Amérique du Sud, de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et d’autres pays en développement. De mon expérience au sein du ministère de l’Éducation de l’Alberta, je retiendrai surtout ma participation au développement du Programme d’éducation 2000 de cette province. J’y ai trouvé la base de mon rapport de recherche et de ma thèse. Tout cela est venu enrichir l’expérience que ma bourse de vivre à cette université. J’en suis très reconnaissant à mon conseiller, car cela m’a préparé à assumer ma carrière dans la fonction publique. Le programme de maîtrise a été très révélateur pour moi, parce que j’ai eu l’occasion de faire des recherches dans le domaine des opérations à terme et de procéder à des prévisions ainsi qu’à des études à l’extérieur du milieu éducatif pour découvrir d’autres avenues du développement. J’ai développé la théorie critique comme lien de mon processus de pensée. La pensée stratégique, l’action stratégique et l’insertion de la science et de la technologie dans le développement et les changements nationaux ont pris forme en Alberta et continuent d’éclairer ma vie et mes activités professionnelles.
Mes expériences au Canada
Les habitations universitaires sont une ressource en soi. La résidence Pembina, où j’ai habité pendant 18 mois, accueille des adultes (femmes et hommes) de toutes les nationalités. C’est un lieu de rassemblement pour les boursiers ainsi qu’un excellent milieu de socialisation. Les étudiants ont organisé des barbecues, des voyages, un marathon de nettoyage, et se rendaient au pub des étudiants diplômés (le Power Plant) pour y prendre un verre. L’été, nous faisions de longues marches dans la ville d’Edmonton, jusqu’au West Edmonton Mall, prolongeant parfois nos randonnées jusqu’au coucher du soleil, vers 22 h 30. J’ai assisté à deux festivals culturels d’Edmonton. En 1989, j’ai pris une semaine de congé pour me rendre d’Edmonton jusqu’aux Rocheuses, par autobus et par train, en passant par Calgary, la frontière entre les États-Unis et le Canada, Banff et Jasper. Durant ce voyage, j’ai fait la connaissance de trois femmes de la PNG et de deux employés de Chevron. Avec un de mes collègues, j’ai aussi visité des réserves indiennes, traversé la Saskatchewan en voiture, admiré la région de Saskatoon à bord d’un petit avion, sans oublier les nombreux moments d’extase devant les inoubliables aurores boréales. On pouvait presque les toucher.
William G.R. Tagis, Ph.D., directeur général, Bureau de l’enseignement supérieur de la Papouasie-Nouvelle-Guinée
Je suis professeur de géologie à l’Université de Calgary et ancien récipiendaire d’une bourse du Commonwealth (1981-1984, Edinburgh University, Ph.D. en géologie).
Mon expérience à Edinburgh est sans doute ce qui a le plus changé ma vie. L’expérience a toutefois eu des effets réciproques, car je crois que, par ma formation et mes perspectives canadiennes, j’ai exercé une influence positive et dynamique sur la vitalité scolaire et la vie culturelle du département des géosciences à Edinburgh.
J’entretiens toujours des relations avec le Royaume-Uni et la Edinburgh University : je maintiens un programme de recherche en Écosse, je me rends régulièrement à la Edinburgh University et j’y encadre des étudiants exceptionnels.
Professeur David Pattison, Université de Calgary

Je n’exagère pas quand j’affirme que c’est à la bourse d’études du Commonwealth que je dois mon éducation à Oxford (B.C. L. 1985) et l’ensemble de ma carrière de professeure à la Faculté de droit de l’Université McGill. En 1983, après avoir obtenu mes diplômes en droit civil et en common law de l’Université McGill et pendant que je suivais les cours de préparation au Barreau du Québec, je me suis rendue compte que je me destinais à une carrière de professeure de droit. Pour y arriver, il me fallait poursuivre des études supérieures et mon choix s’est rapidement arrêté sur le diplôme en common law offert au Wadham College, à Oxford.
Mais comment financer des études aussi prestigieuses? Jeune mariée à cette époque, j’ai été surprise d’apprendre que la bourse Rhodes excluait les candidats mariés! J’ai donc mis « tous mes œufs dans le même panier » en me tournant vers une bourse d’études du Commonwealth. L’annonce que j’étais parmi les heureux récipiendaires de cette bourse si lucrative et prestigieuse a lancé non seulement mon avenir à Oxford mais aussi celui de ma carrière de professeure. Ironiquement (et heureusement), le Programme de bourses d’études du Commonwealth a même versé une allocation à mon conjoint pendant les mois où il a pris un congé sans solde pour passer du temps avec moi à Oxford!
Aux yeux de la Canadienne moderne que j’étais en 1984-1985, l’Université Oxford donnait l’impression d’être restée accrochée au XIVe siècle. Les étudiants devaient porter la toge et le mortier pour écrire les examens, on désignait les termes en latin et, expérience inédite dans ma jeune vie d’alors, j’eus des engelures aux orteils à cause de l’humidité de l’hiver anglais, qui est tout de même moins froid que nos hivers canadiens! À bien y penser, je me dis que tout cela faisait partie du charme de l’endroit. C’est toutefois grâce à Oxford et aux rapports individuels uniques que j’ai pu entretenir avec d’excellents tuteurs que j’ai appris à penser, à analyser et à écrire, toutes des aptitudes qui me servent encore quotidiennement dans ma carrière de professeure.
Le temps passé à Oxford a vraiment marqué un tournant dans ma vie. Je m’y suis fait des amis que je fréquente encore, même s’ils vivent en Angleterre ou en Australie. Il m’a aussi permis de poursuivre mon rêve de devenir professeure. Au cours de mes 25 ans dans l’enseignement, j’ai eu le privilège d’occuper le poste de doyenne à la vie étudiante (de 1995 à 2001) à l’Université McGill et de participer à la formation des juges en tant que conseillère principale à l’Institut national de la magistrature (de 2005 à 2007). Mais par-dessus tout, j’ai eu la chance de travailler dans un milieu universitaire avec des collègues formidables et d’enseigner à des milliers de brillants étudiants en droit. Je demeure très reconnaissante au Programme des bourses d’études du Commonwealth de m’avoir offert une occasion aussi merveilleuse.
Rosalie Jukier, Professeure, Faculté de droit, Université McGill
Boursiers du programme de bourses du Commonwealth depuis 1990
Cinq cent quatre-vingt-quatorze (594) Canadiens ont poursuivi des études à l’étranger et 1 249 boursiers étrangers sont venus au Canada
Je suis extrêmement reconnaissant envers le programme de bourses du Commonwealth de m’avoir aidé à réaliser mon rêve d’aller étudier à l’étranger. J’ai toujours senti que ma formation serait incomplète sans un volet international et, heureusement, le programme permet cela.
Il ne fait aucun doute que l’expérience acquise grâce au programme a considérablement et solidement amélioré mes connaissances et je suis certain que mon pays en profitera immensément.
J’ai apprécié chaque moment de mon séjour. Le Canada est un merveilleux pays!
Dr Akinloye Akindayomi, University of Ado-Ekiti, Ado-Ekiti, Nigéria